En 2018, le Palais de Tokyo donnait carte blanche à l’artiste Tomás Saraceno pour présenter ses dernières recherches liées au biomimétisme et à l’anthropocène. Ce féru de la haute atmosphère transcende la réalité pour en faire un espace de poésie qui décuple nos capacités d’imagination. Depuis 2015, Aerocène réunit artistes, makers et scientifiques dans une exploration des possibilités de dépassement qui s’offrent à l’humain (le workshop « Museo Aerosolar » fut présenté en écho à la COP21, en décembre 2015). Ce projet s’inscrit dans une utopie post-fossile et sans-frontières dans laquelle humains et objets se déplacent dans les airs par la chaleur solaire et les radiations infrarouges. Collaborer avec l’atmosphère et le soleil ? Un pari relevé. En octobre dernier, le projet se félicitait d’un nouveau record mondial pour le vol humain à ballon solaire le plus long. En décembre 2018, la Fondation Aerocène s’est implantée à Miami dans le cadre d’Art Basel : quarante parapluies réfléchissants se rejoignaient en vol pour créer un gigantesque cadran solaire hémisphérique au son de la musique solaire du Solar Sound System. Avec Aerocène, Tomás Saraceno nous prouve que les énergies fossiles peuvent être déjouées par l’art contemporain et que l’invention est à notre portée.

Alice Audouin et Lisa Toubas 

 

Février 2019

Crédit : Projet Aerocene, Tomàs Saraceno, Garage Museum of Contemporary Art, photo: Alexey Narodizkiy

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