Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?
Je jongle toujours avec une douzaine de projets à la fois car je développe constamment de nouvelles idées et que je collabore régulièrement avec de nouvelles institutions. De plus, j’ai seulement un très petit studio sans employés à temps plein. Le dernier projet en date est celui d’aider les Museum d’Histoire naturelle et les musées maritimes à réorganiser leurs collections. C’est très excitant pour moi car ça me donne accès à des collections riches et diverses encore jamais exposées, à la forte sensibilité post-coloniale et environnementale.
Ma pratique est intentionnellement fragmentée et diversifiée, interventions dans les musées, estampes et dessins, installations et sculptures, oeuvres dans l’espace public, avec comme fil directeur une préoccupation pour la nature. Enfin, à côté de mes activités d’artiste, j’enseigne et parfois j’organise ou co-dirige des expositions.

Comment en êtes-vous venu à aborder la thématique des questions écologiques dans votre travail ?
Ma jeunesse a été marquée par une relation avec la nature. J’ai aussi été témoin de nombreuses destructions environnementales. J’ai grandi dans les années 1970, lorsque la conscience écologique a fait son apparition. Étudiant, j’ai constaté qu’il y avait très peu d’intérêt pour les préoccupations environnementales chez mes pairs et mes professeurs. À New York, les thématiques de la nature, de l’histoire naturelle et de l’écologie n’étaient pas très visibles. J’ai fini par trouver d’autres artistes s’intéressant à l’écologie et des écrivains comme Steven Jay Gould et bien d’autres. Mon intérêt pour les animaux s’est traduit par une recherche sur l’Histoire des sciences naturelles : j’ai commencé à examiner de très près le rôle d’un Museum d’Histoire naturelle. Je m’intéresse à tout ce qui façonne notre compréhension de la nature, en fait je porte un regard critique sur la culture de la nature !

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