Quelles sont vos actualités ?
Ce mois-ci, j’ai reçu le prix Frontier Art Prize qui offre une dotation de 100 000 dollars, il a été créé en 2017 par le World Frontiers Forum et VIA Art Fund. Mes travaux – intitulés Le Septième Continent et centrés sur des questions autour de l’Anthropocène – sont actuellement présentés à la Biennale d’Istanbul, curatée par Nicolas Bourriaud. Je fais également partie de l’exposition The Age of You au MOCA Toronto, organisée par Hans Ulrich Obrist, Douglas Coupland et Shumon Basar.

Comment les questions écologiques sont-elles entrées dans votre travail ?
Depuis le début de ma pratique artistique, j’étudie comment divers systèmes complexes (sociaux, économiques, écologiques) peuvent fonctionner de manière à brouiller les distinctions entre nature et culture, fiction et réalité, vie et non-vie, ainsi que les formes d’intelligence non humaines : collective, artificielle, animale et microbienne. En analysant ces phénomènes naturels et sociaux, j’ai commencé à adopter une méthode de production alternative, par des colonies de termites vivantes et ou encore des travailleurs du web. L’écologie contemporaine est très étroitement liée à l’économie numérique. Alors que le 20ème siècle concernait l’extraction d’énergies fossiles, le 21ème concerne l’extraction de nos données et de nous-mêmes, nous sommes le nouveau pétrole ! 

Quels sont vos prochains projets?
J’ai de nombreux projets, parmi eux : je travaille sur une commande pour le De Young Museum à San Francisco, dans le cadre de l’exposition Uncanny Valley : Être humain à l’âge de l’IA (voir ici pour plus d’infos). L’exposition débutera le 22 février 2020. Je travaille également sur ma monographie qui sera publiée par Sternberg Press en 2020.
© Janek Zamoyski

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