« Crocus Sativus Fleur du bonheur» par Guillaume Barth

La préciosité de la fleur de crocus est au cœur du projet Crocus Sativus Fleur du Bonheur du jeune artiste français Guillaume Barth, qui allie poésie, botanique et mystique. L’intérêt de l’artiste pour le crocus à safran démarre en 2017 avec un voyage en Iran et sa lecture de poètes soufis. La contemplation des fleurs, par extension, de la nature, est importante dans la pensée soufie. Cette philosophie enseigne la sagesse de l’instant présent, métaphore du moment où la fleur se réveille. L’artiste s’interroge alors sur le lien possible entre cette pensée et les propriétés du safran. Il explore les utilisations médicinales, magiques, spirituelles de cette espèce végétale. Lors d’un voyage en Iran, il participe à la récolte des fleurs mauves et décide alors d’exprimer la préciosité de cette fleur, ses symboles et son histoire. Cette plante n’a jamais été modifiée par l’homme, bien que très exploitée.

Revenu en France après de nombreux voyages et pratiques de la culture du safran, il propose de créer une safranière à la Fondation [N.A!] en Alsace. 2500 bulbes sont plantés en cercle à la fin de l’été 2019 dans le jardin de la fondation. La contemplation de l’ouverture des fleurs crocus sativus opère sa magie. L’expérience visuelle et olfactive offre un moment de plénitude, actionnant les propriétés thérapeutiques de cette épice qui est un anxiolytique naturel puissant. L’artiste complète cette expérience par des cérémonies du thé de safran, pour la première fois dans le jardin du Frac Alsace, en septembre 2019.

Crédits : La récolte des crocus à safran, avec l’aimable invitation de la famille Hadi Mohamadian, Torbat-e Heydarieh, Iran, 2018, ©Guillaume Barth / Safranière de Brunstatt, installation de 2500 fleurs en cercle, deuxième floraison le 15 octobre 2020, Fondation [N.A!]

Parallèlement à ces expériences, l’artiste continue ses recherches en ethnobotanique et archéologie, il découvre alors les premières mentions de l’utilisation du safran sur des fresques de l’époque minoenne sur l’île de Santorin en Grèce. Depuis un an, l’artiste conçoit en parallèle d’une installation, « un talisman », morceau de soie teinté avec un reste de safran récolté sur lequel est imprimé un alphabet de fleurs, réalisé en collaboration avec l’artiste Juliette Vergne. Il reconstitue ainsi les fresques découvertes qui témoignent de l’utilisation religieuse du safran dans la Grèce antique.

Fasciné par le moment intense de l’ouverture de la fleur qu’il filme à plusieurs reprises, l’artiste proposera une installation immersive à l’automne 2021 au Studio National des Arts Contemporains du Fresnoy, où il est actuellement résident. L’installation sera constituée d’une vidéo et d’une composition musicale de Mirtohid Radfar, qui a créé une musique spécifique pour la naissance de la fleur, inspirant le respect et l’attention. L’œuvre vise à créer un espace de résilience et une énergie positive.

L’artiste crée des liens entre les disciplines. Il tient fortement à la dimension sensible et vivante de son projet qu’il enrichit au fil des discussions avec des scientifiques et autres partenaires de création. La transmission et la croissance de ses plantations sont au cœur de son projet. Son œuvre nous invite à reprendre contact avec le vivant et à réfléchir à nos manières de consommer, de cultiver les plantes pour tout simplement les observer en les respectant.

 

Pauline Lisowski 

Texte intégral ici

www.guillaumebarth.com

 

Avril 2021

Crédits : Cérémonie de thé de safran, jardin du Frac Alsace, 2019, ©Guillaume Barth

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