Organiser des conversations sur la relation avec la terre autour d’une table qui accueille des objets créés au fil des échanges, c’est l’idée géniale que l’artiste Otobong Nkanga a eue pour la Biennale de Sao Paulo en 2014 et qui voyage depuis en Chine, au Liban et bientôt au Bangladesh. Pour sa première édition au Brésil, Nkanga avait créé un dialogue inédit entre géologues, militants sociaux et environnementaux, agriculteurs, artisans et avait fait émerger les relations riches et complexes entre les habitants et leur terre, comme l’accès des sans-abris de la ville à de l’eau potable grâce à un historien traquant les anciennes rivières. Chaque table porte une thématique, justement inspirée du territoire. À Beyrouth, les tables avaient pour thème la loi, la nourriture et le mur. En février prochain, dans le cadre de Dhaka Art Summit, c’est au Bangladesh d’explorer à son tour sa relation à la terre, ici comme ailleurs asservie à la croissance des villes, exploitée et altérée alors que les humains en dépendent. Ces échanges abattent les stéréotypes, accélèrent la résilience des territoires et permettent à cette immense artiste d’agir dans le monde avec la plus grande justesse.
© Walid Rashid

Du 7 au 15 février 2020, Bangladesh Shilpakala Academy.
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